These are the poems, written by Jules Verne wrote himself, that were included in his novels or short stories. Most of these poems were written years before they were incorporated in another text, a few poems were written especially for the novels in which they appear.

Paris au XXe siècle

In ch. 4, we hear a quote from Michel Dufrénoy’s Latin poem on “Le maréchal Pélissier sur la Tour Malakoff”:

Jam Pelissiero pendenti ex turre Malacoff
Sebastopoliam concendit Jupiter urbem …

The following are the last two stanzas of an ode to the Crampton system, “couronnée, il y a un mois, par les quarante de Broglie, qui encombrent l’Académie”. Michel and his friends discuss it in ch. 7.

Le charbon porte alors sa flamme incendiaire
Dans les tubes ardents de l’énorme chaudière !
Le monstre surchauffé ne craint pas de rivaux !
La machine rugit sous sa tremblante écorce,
Et, tendant sa vapeur, développe une force
de quatre-vingts chevaux.

Mais de son lourd levier le chauffeur vient contraindre
Les tiroirs à s’ouvrir, et dans l’épais cylindre,
Rapide et gémissant, court le double piston !
La roue a patiné ! La vitesse s’active !
Le sifflet part !… Salut à la locomotive
du système Crampton !

Here is a Dutch translation.

De steenkool drijft dan zijn brandstichtend vuur
In de gloeiende buizen van de gigantische ketel!
oververhit gunt het monster rivalen rust noch duur!
De machine brult onder haar mantel vermetel,
Perst de stoom samen en ontwikkelt de gebundelde kracht
Van vierentwintig paarden.

Machinisten dwingen met de loodzware hefboom
De schuiven zich te openen en sissend perst de stoom
De beide zuigers razendsnel door de dikke cilinder!
Het wiel slaat aan, draait rond met steeds minder hinder!
De fluit weerklinkt! Gegroet zij de locomotief
Van het Crampton-systeem!

Le pays des fourrures

The Chanson groënlandaise, sung in vol. 1, ch. 19 of the novel, is a slightly modified version of a song written in 1856 under the title Chanson scandinave.

Chanson groënlandaise

Le ciel est noir,
Et le soleil se traîne
À peine !
De désespoir
Ma pauvre âme incertaine
Est pleine !
La blonde enfant se rit de mes tendres chansons,
Et sur son coeur l’hiver promène ses glaçons !

Ange rêvé,
Ton amour qui fait vivre
M’enivre,
Et j’ai bravé
Pour te voir, pour te suivre
Le givre.
Hélas ! sous mes baisers et leur douce chaleur,
Je n’ai pu dissiper les neiges de ton coeur !

Ah ! que demain
À ton âme convienne
La mienne,
Et que ma main
Amoureusement tienne
La tienne !
Le soleil brillera là-haut dans notre ciel,
Et de ton coeur l’amour forcera le dégel !

Here is an English translation (by N. D’Anvers)

Greenland Song

Dark is the sky,
The sun sinks wearily;
My trembling heart, with sorrow filled,
Aches drearily!
My sweet child at my songs is smiling still,
While at his tender heart the icicles lie chill.

Child of my dreams!
Thy love doth cheer me;
The cruel biting frost I brave
But to be near thee!
Ah me, Ah me, could these hot tears of mine
But melt the icicles around that heart of thine!

Could we once more
Meet heart to heart,
Thy little hands close clasped in mine,
No more to part.
Then on thy chill heart rays from heaven above
Should fall, and softly melt it with the warmth of love!

A Polish translation, by Karolina Bobrowska:

Piosnka grenlandzka.

Niebo jest czarne
i słońce po niem się włóczy
zaledwie!
Ciemnej rozpaczy
ma biedna dusza niepewna
jest pełna!
Jasnowłose dziewczę z mych czułych piosenek się śmieje,
zima lodem ścięła jej serce.

Aniele wyśniony,
ożywcza twa miłość
upaja mnie.
Zwyciężyłem
mróz, by cię widzieć, by iść za twoim
śladem.
Niestety! pod pocałunków mych ciepłą słodyczą
nie tają śniegi twego serca!

Ach, gdyby jutro
z twą duszą zgodziła się
moja,
Oby twą rękę
moja miłośnie
ujęła.
Niechaj słońce rozbłyśnie wysoko na naszem niebie
a miłość stopi lody serca twego.

A Russian translation by L. Slonimskaya, A. Rudkovskaya, Ja. Leshuk:

Гренландская Песня

На небе мгла.
Влачится солнце мимо,
Чуть зримо.
Боль тяжела
Невыразимо:
Та, что любима,
Златоволосая, не внемлет песне грез,
И в сердце у нее безжалостный мороз.

О ангел мой!
Рвусь к милой ежечасно
Столь страстно,
Что надо мной
Пурга не властна.
Ты так прекрасна!
Ах! Поцелуев жар сердечка не зажег,
Снегов твоей души он растопить не мог!

Но будет час!
Его, во тьме тоскуя,
Все жду я.
В сиянье глаз,
Смеясь, ликуя,
Ответ найду я.
И солнцем небосвод наш озарится вновь,
И в сердце у тебя растопит льды любовь.

A Dutch translation (translator unknown):

Groenlandsch liedje

Hoe zwart ook de hemel daarboven moog’ wezen,
En ’t zonnelicht schaarser ons plekje beschijn,
Wat wanhoop er ook in mijn ziel is te lezen,
De dagvorstin schuile achter ’t nevlig gordijn;
Zij spot met mijn beden, zij lacht met mijn lied,
Haar hart slaat zo koud, ’t hoort mijn boezemwensch niet.

Eens droomde ik een een droom, ’t is de schoonste in dit leven.
Die, wakende zelfs, mij de werklijkheid scheen:
Haar weêrliefde had mij de dierbre gegeven,
’t Was leven en vreugde en genot om mij heen …
’t Ontwaken was bitter en ’t schijnbezit waan,
Waarom, waarom toch was ’t voor altijd gedaan!

Maar als weer, na lange bekneld in haar kluister,
De schoone natuur uit haar doodslaap ontwaakt,
Dan breke ook voor mij ’t heldre zonlicht uit ’t duister:
De gloed eener liefde, waar ’t harte naar haakt,
Dan vorme haar weêrmin trots sneeuwveld en ijs
Ons kille verblijf tot een aardsch paradijs!

A Norwegian translation, by Per Johan Moe:

Grønlandsk sang

Himmelen er sort,
og solen vil neppe komme seg fram!
Av fortvilelse -
min stakkars utrygge sjel
er fylt!
Det blonde barn ler av mine ømme sanger,
og over hans hjerte brer vinteren sin is!

Drømmenes engel,
din kjærligheten som gir liv
overøser meg,
Og jeg har trosset frosten
- bare for å se, og være nær deg.
Akk! Selv ved mine kyss med sin milde varme,
har jeg ikke kunnet smelte snøen i ditt hjerte!

Å! – for en morgendag
hvor din sjel samstemmer
min,
Hvor min hånd
kjærlig omslutter
din!
Snart vil Solen skinne der oppe i vår himmel,
Og kjærligheten fra ditt hjerte vil fremtvinge opptiningen!

Michel Strogoff

In vol. 1, ch. 8, one of the gypsy girls in Sangarre’s troupe hums the beginning of a song:

Le corail luit sur ma peau brune,
L’épingle d’or à mon chignon !
Je vais chercher fortune
Au pays de…

Originally, Verne had planned this song to be sung to Michel Strogoff, just before he was blinded by the Tartars. In a footnote, he remarked that the song had been set to music by Hignard. Hetzel did not approve of the poem, and it was scratched from the text. The complete text was published in the Bulletin de la Société Jules Verne, no. 79. I reproduce it below.

Le corail luit sur ta peau brune,
L’épingle d’or à ton chignon !
Viens-tu chercher fortune
Du pays de Mignon ?

Quand le tambour de basque
Résonne sous ta main,
J’ai le désir fantasque
D’être amoureux demain !

A mon châlet, noire hirondelle,
Viens-tu dès que l’hiver finit,
Pour la saison nouvelle
Suspendre ton doux nid ?

Quand le tambour de basque
Réveille cet espoir,
J’ai le désir fantasque
D’être amoureux ce soir !

Tu pars, mais si jamais tu m’aimes,
Ton ciel où fleurit l’oranger,
Contre nos hivers mêmes
Tu voudras l’échanger !

Le gai tambour de basque !
De loin quand je l’entends,
J’ai le désir fantasque
D’être amoureux longtemps !

Tu pars, comme tes yeux sont tristes !
Ton jeune coeur semble hésiter !
En vain, tu lui résistes !
Il te dit de rester !

Prends ton tambour de basque
Et chante nos amours !
J’ai le désir fantasque
D’être amoureux toujours !

Hector Servadac

In the first three chapters of Hector Servadac, Verne has Servadac struggle on a rondeau for a young widow he hopes to marry.

En vérité ! lorsque l’on aime,
C’est simplement…
Et fiez-vous à l’amour même
Plus qu’au serment !

De beaux discours remplis d’emphases,
Qu’est-il besoin ?
Et que vraiment des longues phrases
Le cœur est loin !

Croyez-moi, ma tendresse est sûre !
Je vous promets
Que je vous aime…, je le jure,
Et pour…

Jules Verne had originally written this poem, Tout simplement, in 1856, inspired by a young widow he hoped to marry: his future wife Honorine. The complete version is as follows:

En vérité, lorsque l’on aime,
C’est simplement,
Et fiez-vous à l’amour même
plus qu’au serment !

De beaux discours remplis d’emphase
Qu’est-il besoin ?
Et que vraiment des longues phrases,
Le cœur est loin !

L’amour profond vit de lui-même,
Car, en aimant,
On est heureus, pourvu qu’on aime
Tout simplement !

Qui vous promet monts et merveilles
Est un moqueur !
Qui sait tant charmer les oreilles
Se rit du cœur !

Nous résoudrons ce doux problème,
Voici comment :
Si vous m’aimez, si je vous aime
Tout simplement !

Croyez-moi, ma tendresse est sûre,
Je vous promets
Que je vous aime…, je le jure,
Et pour jamais !

Mais qu’ai-je dit ? J’allais moi-même
Faire un serment !
Non, je me tais… et je vous aime
Tout simplement !

Les Indes noires

This is a slightly modified version of a song that Verne wrote in 1860 with Hignard, after their trip to Scotland: Souvenirs d’Ecosse. It is sung by Jack Ryan in ch. 18.

Beaux lacs aux ondes dormantes,
Gardez à jamais
Vos légendes charmantes,
Beaux lacs écossais !

Sur vos bords on trouve la trace
De ces héros tant regrettés,
Ces descendants de noble race,
Que notre Walter a chantés !
Voici la tour où les sorcières
Préparaient leur repas frugal ;
Là, les vastes champs de bruyères,
Où revient l’ombre de Fingal.

Ici passent dans la nuit sombre
Les folles danses des lutins.
Là, sinistre, apparaît dans l’ombre
La face des vieux Puritains !
Et parmi les rochers sauvages,
Le soir, on peut surprendre encore
Waverley, qui, vers vos rivages,
Entraîne Flora Mac Ivor !

La Dame du Lac vient sans doute
Errer là sur son palefroi,
Et Diana, non loin, écoute
Résonner le cor de Rob Roy !
N’a-t-on pas entendu naguère
Fergus au milieu de ses clans,
Entonnant ses pibrochs de guerre,
Réveiller l’écho des Highlands

Si loin de vous, lacs poétiques,
Que le destin mène nos pas,
Ravins, rochers, grottes antiques,
Nos yeux ne vous oublieront pas !
Ô vision trop tôt finie,
Vers nous ne peux-tu revenir
A toi, vieille Calédonie,
A toi, tout notre souvenir !

Beaux lacs aux ondes dormantes,
Gardez à jamais
Vos légendes charmantes,
Beaux lacs écossais !

Les Tribulations d’un Chinois en Chine

This is a slightly modified version of a song written in 1862: La Tankadère. In ch. 7 of the novel, Kin-Fo hears a young girl sing this song, while he is planning his suicide. Between the stanzas of the song, we read Kin-Fo’s reflections.

Ma barque, aux fraîches couleurs,
Est parée
De mille et dix mille fleurs.
Je l’attends, l’âme enivrée !
Il doit revenir demain.
Dieu bleu veille ! Que ta main
A son retour le protège,
Et fais que son long chemin
S’abrège !

« Il reviendra demain ! Et moi, où serais-je, demain ? » pensa Kin-Fo en secouant la tête.

La jeune Tankadère reprit :

Il est allé loin de nous,
J’imagine,
Jusqu’au pays des Mantchoux,
Jusqu’aux murailles de Chine !
Ah ! que mon cœur, souvent,
Tressaillait, lorsque le vent,
Se déchaînant, faisait rage,
Et qu’il s’en allait, bravant
L’orage !

Kin-Fo écoutait toujours et ne dit rien, cette fois.

La Tankadère finit ainsi :

Qu’as-tu besoin de courir
La fortune ? Loin de moi veux-tu mourir ?
Voici la troisième lune !
Viens ! Le bonze nous attend
Pour unir au même instant
Les deux phénix, nos emblèmes !
Viens ! Reviens ! Je t’aime tant,
Et tu m’aimes !

Mathias Sandorf

This is a slightly modified version of a song written in 1884, included in vol. 2, ch. 1. This same poem is also included in act 1, scene 1 of the play Kéraban-le-têtu.

Lorsque vibre la chanson,
La chanson de la Zingare,
Veille bien a la façon
Dont elle dit sa chanson,
Ou gare
À la Zingare !

Si tu te liens loin d’elle, et si
Le feu de son regard trop tendre
Sous ses longs cils se voile ainsi,
Tu peux la voir, tu peux l’entendre !

Lorsque vibre la chanson,
La chanson de la Zingare,
Veille bien à la façon
Dont elle dit sa chanson,
Ou gare
À la Zingare !

Mais si la Zingare en chantant
De son grand œil noir te regarde,
Ton cœur est pris en un instant,
Et s’il est pris… elle le garde !

Lorsque vibre la chanson,
La chanson de la Zingare,
Veille bien à la façon
Dont elle dit sa chanson,
Ou gare
À la Zingare !

Famille-Sans-Nom

This is a slightly modified version of a poem written in 1886. It is sung by the young clerk Lionel in vol. 1, ch. 3 of Famille-Sans-Nom. The refrain is repeated on several occasions throughout the novel, most poignantly after Jean-Sans-Nom has been freed from fort Frontenac by his brother’s sacrifice, and Lionel wants to make himself known.

Le feu follet

Ce feu fantasque, insaisissable,
Qui, le soir, se dégage et luit,
Et qui, dans l’ombre de la nuit,
Ni sur la mer ni sur le sable,
Ne laisse de trace après lui !

Ce feu toujours prêt à s’éteindre,
Tantôt blanchâtre ou violet,
Pour reconnaître ce qu’il est,
Il faudrait le pouvoir atteindre…
Atteignez donc un feu follet !

On dit, est-ce chose certaine ?
Que c’est l’hydrogène du sol.
J’aime mieux croire qu’en son vol,
Il vient d’une étoile lointaine,
De Véga, de la Lyre ou d’Algol.

Mais n’est-ce pas plutôt l’haleine
D’un sylphe, d’un djinn, d’un lutin,
Qui brille, s’envole et s’éteint,
Lorsque se réveille la plaine
Aux rayons joyeux du matin ?

Ou la lueur de la lanterne
Du long spectre qui va s’asseoir
Sur la chaume du vieux pressoir,
Quand la lune, blafarde et terne,
Se lève à l’horizon du soir ?

Peut-être l’âme lumineuse
D’une folle qui va cherchant
La paix hors du monde méchant,
Et passe comme une glaneuse
Qui n’a rien trouvé dans son champ ?

Serait-ce un effet de mirage,
Produit par le trouble de l’air
Sur l’horizon déjà moins clair,
Ou, vers la fin de quelque orage,
Le reste d’un dernier éclair ?

Est-ce la lueur d’un bolide,
D’un météore icarien,
Qui, dans son cours aérien,
Était lumineux et solide,
Et dont il ne reste plus rien ?

Ou sur les champs dont il éclaire
D’un pâle reflet le sillon,
Quelque mystérieux rayon
Tombé d’une aurore polaire,
Comme un nocturne papillon ?

Serait-ce en ces heures funèbres,
Où les vivants dorment lassés,
Le pavillon aux plis froissés
Qu’ici-bas l’Ange des ténèbres
Arbore au nom des trépassés ?

Ou bien, au milieu des nuits sombres,
Lorsque le moment est venu,
Est-ce le signal convenu
Que la terre, du sein des ombres,
Envoie au ciel vers l’inconnu,

Et qui, comme un feu de marée,
Aux esprits errants à travers
Les vagues espaces ouverts,
Indique la céleste entrée
Des ports de l’immense Univers ?

Mais si c’est l’amour, jeune fille,
Qui l’agite à tes yeux là-bas,
Laisse-le seul à ses ébats !
Prends garde à ton cœur ! Ce feu brille…
Il brille mais ne brûle pas !

Qui que tu sois, éclair, souffle, âme,
Pour mieux pénétrer tes secrets,
Ô feu fantasque, je voudrais
Pouvoir m’absorber dans ta flamme !
Alors partout je te suivrais,

Lorsque sur la cime des arbres,
Tu viens poser ton front ailé,
Ou, discrètement appelé,
Lorsque tu caresses les marbres
Du cimetière désolé !

Ou quand tu rôdes sur les lisses
Du navire battu de flanc
Sous les coups du typhon hurlant,
Et que dans les agrès tu glisses,
Comme un lumineux goéland !

Et l’union serait complète,
Si le destin, un jour, voulait
Que je pusse, comme il me plaît,
Naître avec toi, flamme follette,
Mourir avec toi, feu follet !

Sans dessus dessous

In ch. 20, this is given as one of the popular poems ridiculising Barbicane and Co, after their failed attempt to alter the Earth’s axis.

Pour modifier notre patraque,
Dont l’ancien axe se détraque,
Ils ont fait un canon qu’on braque,
Afin de mettre tout en vrac !
C’est bien pour vous flanquer le trac !
Ordre est donné pour qu’on les traque,
Ces trois imbéciles !… Mais… crac !
Le coup est parti… Rien ne craque !
Vive notre vieille patraque !

A Czech translation (Bohumil Franěk, Mladá fronta, Prague 1957):

Opravit chtěli starý křáp,
srovnat chtěl osu šílenec:
ulijem kanon, snadná věc!
A kdekdo by byl na to skáp!
Ti vymysleli na vás hec!
Tři blázni! Kdo by je tak chňap?
I rozkaz vyšel: spustit klec!
Však bum! … Nic neprasklo … jen kec!
Ať žije ten náš starý křáp!

which, translated to English, means:

They wanted to repair the old jalopy,
a madman wanted to level the axis:
we’ll found a cannon, it’s a mere child’s play!
And the many would have died of it!
That’s how they trifle with you!
Three madmans! Who will snatch them?
So it was ordered: cage them in!
But, bang! … Nothing cracked … just a trash!
Long live our old jalopy!

(Contributed by Jan Rychlík)

Another Czech translation (Jitka Křesálková, SNDK, Prague 1964):

Do země hned se dali jako drak
a že prý je to starý brak,
lepší vzít na ni takhle prak!
A proto ji nenechají jen tak
a vypráší jí pěkně frak,
až celou zahalí ji prach.
Naštěstí pro náš cit i zrak
ten jejich pokus – to byl krach!
Přežil ho náš milý zemský vrak
a všechny střelce ať trefí šlak!

which, translated to English, means:

They turned on the Earth like hell,
that it’s an old glop they said,
better to strike it with a slingshot!
And that’s why they won’t let the Earth be
and will dust its jacket
until the globe is covered up in dust.
Luckily for our feeling and eye
their attempt – was a crash!
Our beloved wreck, the Earth, did survive it
and if only all shooters had kicked the bucket!

(Contributed by Jan Rychlík)

P’tit-Bonhomme

This is a slightly modified version of a poem written in 1886: Complainte de John Playne. It is included in vol. 1, ch. 13.

John Playne, on peut m’en croire,
Est gris complètement.
Il n’a cessé de boire
Jusqu’au dernier moment.

Eh ! deux heures de stage
Au fond d’un cabaret,
En faut-il davantage
Pour dépenser son prêt ?

Bah ! dans une marée
Il le rattrapera,
Et, brute invétérée,
Il recommencera !…

D’ailleurs, c’est l’habitude
Des pêcheurs de Kromer.
Ils font un métier rude…
Allons, John Playne, en mer !

II.

Le bateau de John Playne,
Très pointu de l’avant,
Porte foc et misaine
Il a nom le Cavan.

Mais que John se dépêche
De retourner à bord.
Les chaloupes de pêche
Sont déjà loin du port.

C’est que la mer est prompte
A descendre à présent.
A peine si l’on compte
Deux heures de jusant.

Donc, si John ne se hâte
De partir au plus tôt,
Et si le temps se gâte,
C’est fait de son bateau.

III.

Ciel mauvais et nuit sombre !
Déjà le vent s’abat
Comme un vautour dans l’ombre…
John, de ses yeux de chat,

Regarde et puis s’approche…
Qu’est-ce donc qu’il entend ?
Un choc contre la roche…
Et gare, s’il attend !

C’est son bateau qui roule
Au risque de remplir,
Et qu’un gros coup de houle
Pourrait bien démolir.

Aussi John Playne grogne
Et jure entre ses dents.
C’est toute une besogne
Que d’embarquer dedans.

Cependant il s’équipe,
Non sans quelque hoquet,
Il allume sa pipe
Au feu de son briquet.

Puis ensuite il se grée.
Car le temps sera froid.
Sa capote cirée,
Ses bottes, son suroît.

Cela fait, il redresse
Le mât, non sans effort.
Mais John a de l’adresse,
Et John Playne est très fort.

Puis, il pèse la drisse,
Pour installer son foc,
Et d’un bon coup il hisse
La lourde voile à bloc.

Enfin, larguant l’amarre
Qu’il ramène à l’avant,
Son poignet sur la barre,
Il s’abandonne au vent.

Mais, devant le Calvaire,
Quand il passe, je crois
Que l’ivrogne a dû faire
Le signe de la Croix.

IV.

La baie a deux bons milles
Jusques au pied des bancs,
Des passes difficiles,
De sinueux rubans.

C’est comme un labyrinthe
Où, même en plein midi,
On ne va pas sans crainte,
Eût-on le cœur hardi.

John est à son affaire.
Bras vigoureux, œil sûr,
Il sait ce qu’il faut faire
Et se dirige sur.

Le cap que l’on voit poindre
Au bas du vieux fanal.
Là, le courant est moindre
Qu’à travers le chenal.

John largue sa voilure
Qu’il desserre d’un cran,
Et puis, sous cette allure,
Laisse porter en grand.

Bon ! Le feu de marée
Vient de s’effacer… C’est
Que John est à l’entrée
Des passes du Nord-Est.

Endroit reconnaissable,
Car il est au tournant
De la pointe de sable,
A gauche. – Et, maintenant,

Assurant son écoute
Sur le taquet de fer,
John est en bonne route…
John Playne en pleine mer.

V.

En avant, c’est le vide,
Vide farouche et noir !
Et sans l’éclair livide,
On n’y pourrait rien voir.

Le vent là-haut fait rage,
Il ne tardera pas,
Sous le poids de l’orage,
A retomber plus bas.

En effet, la rafale
Se déchaîne dans l’air,
Se rabaisse et s’affale
Presque au ras de la mer.

VI.

Mais John a son idée,
C’est de gagner au vent,
Rien que d’une bordée
Comme il l’a fait souvent.

Il a toute sa toile,
Bien qu’il souffle grand frais.
Il a bordé sa voile
Et s’élève au plus près.

Et, bien que la tempête
Soit redoutable alors,
Au travail il s’entête…
Son chalut est dehors.

Maintenant que sa chaîne
Est raidie, et qu’il a
Son filet à la traîne, –
Tout marin sait cela,

Un bateau qui travaille
Va seul, sans embarder,
Et même sans qu’il faille
De la barre l’aider…

Aussi, la tête lourde,
L’œil à demi louchant,
John saisit-il sa gourde,
Et puis, la débouchant,

Il la porte à sa bouche,
Il la presse, il la tord,
Et, sur le banc, se couche
A l’arrière et s’endort.

Il dort, la panse pleine
De gin et de brandvin…
Ce n’est plus le John Playne…
Hélas ! c’est le John plein !

VII.

A peine quelques nues
Dans le ciel du matin.
Fuyantes et ténues !
Le soleil a bon teint.

Et comme l’on oublie
Le danger qui n’est plus,
Chacun gaiement rallie
La baie avec le flux.

Chaque bateau se hâte.
Les voilà bord à bord.
C’est comme une régate
A l’arrivée au port.

VIII.

Tiens ! Qu’est-ce qui se passe ?
Le bateau de l’avant
Soudain fait volte-face
Pour revenir au vent.

Les autres en arrière
Manœuvrent à leur tour
De la même manière,
Sans songer au retour.

Est-ce que dans l’orage
Quelque bateau surpris
La nuit a fait naufrage ?
Oui !… voilà des débris ?…

On se presse, on arrive…
Un bateau sur la mer
Est là, seul, en dérive,
Chaviré, quille en l’air !

IX.

Vite ! que l’on travaille !
Il faut hisser d’abord
Le chalut maille à maille
Fit le rentrer à bord.

On le hisse, on le croche
A l’aide de palans,
Il remonte, il approche…
Un cadavre est dedans !

Et cette épave humaine
Arrachée à la mer,
C’est bien lui, c’est John Playne,
Le pêcheur de Kromer.

X.

Son bateau, sans nul doute,
A lui-même livré,
Pris de travers en route,
Sous voile a chaviré.

Ce qui fera comprendre
Comment, le fou qu’il est,
L’ivrogne s’est fait prendre
Dans son propre filet !

Ah ! quelle horrible vue,
Lorsqu’il est mis à bord !
Oui ! malgré tant d’eau bue,
Il semble être ivre encor !

XI.

Achevons la besogne !
Pêcheurs, il faut rentrer
Ce misérable ivrogne,
Afin de l’enterrer.

Si vous voulez m’en croire,
Tachez de le mettre où
Il ne puisse plus boire,
Et creusez bien le trou.

Ainsi finit John Playne,
John Playne de Kromer.
Mais la marée est pleine…
Allons, pêcheurs, en mer !