Le Testament d’un excentrique
Le Testament d’un excentrique

Le Noble Jeu des Voyages extraordinaires est un jeu qui a été joué en 1997 et 1998 par des membres du Jules Verne Forum. Il est inspiré par le Noble Jeu des États-Unis, inventé par Jules Verne dans son roman Le Testament d’un excentrique.

Le testament

Le 3 avril 1897, un des citoyens de Chicago, Illinois, fut enterré. Le défunt était William J. Hypperbone, millionnaire et membre de l’Excentric Club. Sans doute, jusqu’ici, aucun membre de ce club ne s’était fait remarquer par de notables excentricités. William J. Hypperbone n’était pas plus sorti que ses collègues des banalités de l’existence. Mais ce qui avait manqué à sa vie allait, de par son suprême vœu, se produire après sa mort.

Pendant sa vie, William J. Hypperbone avait eu une grande passion pour le Noble Jeu de l’Oie, qu’il avait introduit dans l’Excentric Club. Or, voici ce qu’il avait pensé à faire en l’honneur de son pays : les cinquante États de l’Union, en les rangeant par cases, les uns à la suite des autres, et en répétant quatorze fois l’un d’eux, l’Illinois, il avait obtenu une carte composée de soixante-trois cases, identique à celle du Noble Jeu de l’Oie, devenu par ce fait le Noble Jeu des États-Unis d’Amérique.

Six partenaires avaient été choisis par le sort parmi la population de Chicago, et c’étaient eux que le caprice des dés allait promener à la surface de l’Union. L’héritier de toute la fortune de William J. Hypperbone, estimée à soixante millions de dollars, serait celui qui gagnait la partie. Le second recevrait la somme produite par le versement des primes de mille dollars.

Les « Six »

Le premier partant dans le fameux match Hypperbone était le jeune peintre Max Réal, qui était accompagné par son valet Tommy. Le deuxième partenaire était le boxeur Tom Crabbe entrainé par son agent John Milner, qui avait moins de muscles, mais plus d’intelligence que le boxeur. Puis, il y avait Hermann Titbury avec sa femme, un couple riche et avare ; et Harris T. Kymbale, un journaliste de la Tribune, qui voyageait tout seul. La cinquième partenaire était Mlle Lissy Wag, accompagnée de son amie Jovita Foley, une fille vive et joyeuse. Le sixième partenaire, le commodore Hodge Urrican, était un homme tempétueux, comme l’était son compagnon Turk. Enfin, par codicille, un septième partenaire, choisi par William J. Hypperbone, avait été ajouté aux « Six ». Il jouait sous les initiales X K Z, et ne devait être connu que dans le cas où il gagnerait la partie.

Les Six
Les « Six »

Ces sept personnages allaient donc parcourir le territoire de États-Unis. Si les uns regrettaient tout détour, tout délai ou tout dépense, les autres jouissaient de la nature splendide, ou des aventures qu’ils rencontraient. Harris T. Kymbale avait l’occasion d’écrire bien des articles pour la Tribune, et Max Réal de peindre des vues magnifiques, comme le Parc National de Yellowstone. Hermann Titbury ne sentait que du chagrin, chaque fois qu’il perdait de l’argent. Les partenaires se rencontraient parfois, et il y avait des rencontres amoureuses aussi bien que des collisions entre des rivales.

Les dés étaient, en effet, capricieuses. Bien des partenaires devaient attendre dans la Prison ou dans l’Hotellerie, après avoir payé des primes doubles ou triples. L’un avait à visiter Death Valley, California, et recommencer la partie. L’autre devait aller du Suspension Bridge aux Niagara Falls à New Mexico dans ces deux semaines. On sautait d’un bond à la case 53 au premier coup, ou on n’avançait que de deux places. Bref, c’était une partie avec beaucoup d’aventures, et beaucoup à voir. Et après toutes ces péripéties, la fin de l’histoire est encore plus inattendue que l’on ne pourrait s’imaginer.

Le Noble Jeu des Voyages extraordinaires

Telle est l’histoire racontée dans le roman Le Testament d’un excentrique de Jules Verne. Les tribulations des partenaires dans tous les coins de l’Union donnent à Jules Verne la possibilité de décrire les diverses régions des États-Unis, de mentionner nombreuses faits, de peindre nombreuses impressions.

Le 3 avril 1997, exactement cent ans après le jour où commence Le Testament d’un excentrique, j’ai eu une idée. Voici ce que j’ai pensé à faire en l’honneur de mon écrivain favori : les soixante-deux Voyages Extraordinaires, en les rangeant par cases, les uns à la suite des autres, j’ai obtenu la carte du Noble Jeu des Voyages Extraordinaires.

Maintenant, il était aux partenaires à parcourir cette imposante collection de romans, dirigés par les coups de dés, suivant les règles. En sautant d’un roman à un autre, ils parcouraient le World Wide Web à la recherche de réponses aux question relatives aux romans visités.

Deux rondes du Noble Jeu des Voyages extraordinaires ont été jouées : la première ronde en 1997 et la deuxième ronde en 1998.

Note

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